15 juillet 2025, en territoire de Kalehe
Nous sommes le 15 juillet 2025. Tandis que partout ailleurs, les enseignants attendent la paie du mois de juillet, une ombre plane sur le territoire de Kalehe.
Ici, la réalité est tout autre. Victimes d’atrocités de guerre et de catastrophes naturelles, nous, enseignants de Kalehe, sommes délaissés à notre triste sort. Nous attendons toujours, désespérément, le paiement des salaires de mai et juin. Le mois de juillet, que d’autres s’apprêtent à percevoir, semble bien loin pour nous.
« À quoi sert l’IFOD (CARITAS) si nous devons enterrer nos proches, victimes de la famine, pendant que nos salaires servent au commerce et aux profits de ses agents ? Personne ne semble se soucier de notre situation, car chacun est confortablement installé et bien au chaud auprès de sa famille ».
Même le Service de la DINACOPE, l’organe technique du ministère de l’Éducation en matière de contrôle de la paie, n’ose pas interpeller les agents de l’IFOD. Il n’y a aucune question, aucune enquête pour comprendre pourquoi les salaires des enseignants de Kalehe sont retenus depuis trois mois. La paie de juillet est imminente, et nous sommes toujours dans l’incertitude.
« Nous nous interrogeons : l’IFOD est-elle encore gérée par des prêtres, ou est-elle sous l’emprise de laïcs sans scrupules, prêts à sacrifier nos familles pour leur propre gain ? »
Ce traitement brutal et indigne dont nous sommes victimes nous pousse à nous interroger sur l’inaction des syndicats des enseignants, notamment le SYECO et le SYNECAT. Sont-ils complices de ce silence, de cette inaction de la part d’agents sans cœur ? Les responsables syndicaux, qui devraient nous défendre, se murent dans le silence.
Camarades Cécile Tchiombo et Jean Déni, êtes-vous toujours à Kinshasa ? Savez-vous que nos salaires de mai et juin ne sont toujours pas versés ? Quelle différence y a-t-il entre ceux qui tuent par balle et ces agents de l’IFOD qui nous tuent à petit feu, jour après jour ?
Nous exigeons que l’IFOD (CARITAS) nous verse sans condition les salaires de mai et juin dans les 48 heures. Nous devons pouvoir régler les frais de scolarité de nos enfants, leur permettre de passer leurs examens et d’obtenir leurs résultats. C’est une question de survie, une question de dignité.
- J-H