Le pont Lwandiya, un maillon vital entre les villages de Mangala et Katumbutele dans le territoire de Kabambare au sud du Maniema, est au bord de l’effondrement. Sa dégradation avancée représente un danger imminent pour la population et menace de couper une liaison cruciale dans cette région de la République démocratique du Congo.
Situé à seulement une dizaine de kilomètres de la commune de Salamabila, cet ouvrage symbolise un paradoxe déchirant : alors que des richesses sont massivement extraites de la zone, les infrastructures essentielles, elles, sont laissées à l’abandon.
Un contraste saisissant : richesses locales et infrastructures délaissées
À quelques mètres de ce pont délabré, le spectacle est déroutant : des machines lourdes, appartenant à des exploitants forestiers, circulent inlassablement. Elles abattent des arbres et transportent d’énormes quantités de bois, des richesses naturelles qui quittent la région sans qu’aucune retombée tangible ne soit visible pour les habitants. Cette situation crée une profonde indignation. Les communautés locales s’interrogent : comment les entreprises peuvent-elles profiter des ressources du territoire sans assumer leur part de responsabilité sociale, en contribuant par exemple à la réhabilitation des infrastructures qu’elles utilisent et détériorent ?
Une route stratégique laissée à l’abandon
Le pont Lwandiya se trouve sur une route historique qui menait autrefois à Kindu, la capitale provinciale. Cette voie, qui ne traverse qu’une seule rivière, est relativement facile à entretenir. Sa réhabilitation permettrait de désenclaver de nombreuses localités et de faciliter la circulation des biens et des personnes. Pour la population, la réouverture de cet axe stratégique est une nécessité. Elle représente une opportunité de développement économique et d’amélioration des conditions de vie pour des milliers de personnes.
L’urgence d’une action concertée
Face à cette menace, la population de Mangala, Katumbutele et des villages environnants lance un appel vibrant aux autorités et aux acteurs économiques. Elle demande que les recettes locales, gérées par le secteur des Bangubangu Salamabila, et les revenus générés par l’exploitation forestière soient prioritairement investis dans le développement local et la sécurité des habitants. Les communautés locales réclament une mobilisation immédiate. Les autorités territoriales et provinciales sont appelées à prendre leurs responsabilités pour la réhabilitation rapide du pont.
Les exploitants forestiers doivent assumer leur part de responsabilité sociale en soutenant financièrement la réparation de cet ouvrage vital.
Les partenaires au développement et les ONG sont sollicités pour accompagner la population dans ce plaidoyer.
La peur est palpable. Un effondrement du pont Lwandiya aurait des conséquences dramatiques : isolement des villages, multiplication des accidents, et un coup dur pour l’économie locale. Cet article, rédigé par M. Kaponda Médard Théophile de Malaikainffos, est un cri du cœur pour que l’action l’emporte sur l’inaction et que le pont Lwandiya redevienne le symbole d’une communauté connectée et en sécurité.
- La rédaction