La « Kitchen Party, » une pratique sociale importée principalement du Burundi, a gagné en popularité à Bukavu au cours de la dernière décennie. Au-delà des festivités apparentes, cette célébration soulève des questions sur sa véritable nature : s’agit-il d’une préparation sérieuse à la vie conjugale ou simplement d’une quête de biens matériels ?
Traditionnellement, la « Kitchen Party » rassemble la future mariée, sa famille, ses amis et diverses connaissances. Autour d’un repas et de boissons, l’objectif est de partager des enseignements pratiques et des expériences vécues sur la vie de couple.
Selon Madame Antoinette Kanyamukebge, il n’est pas rare que des discussions ouvertes abordent des sujets délicats, y compris la vie sexuelle au sein du mariage, parfois de manière explicite. Pour cette résidente de Bukavu, certaines familles, cette approche est essentielle pour préparer sérieusement la jeune femme aux réalités du foyer, dans l’espoir de consolider son union future.
Cependant, la dimension matérielle de ces fêtes est devenue un point central. Les jeunes femmes reçoivent une multitude de cadeaux, allant des pagnes aux appareils électroménagers, en passant par les ustensiles de cuisine, l’argent et d’autres biens mobiliers ou immobiliers. Si ces présents sont censés équiper le futur ménage, il arrive que la mariée décide de vendre certains de ces articles. Cette pratique, parfois motivée par le besoin d’épargner ou de rembourser des dettes, soulève des interrogations sur la finalité lucrative de certaines de ces célébrations.

Une autre particularité observée à Bukavu est la faible présence masculine lors de ces rassemblements, à l’exception notable des DJ, majoritairement des hommes dans la ville. Cette dynamique renforce l’idée d’une transmission de savoirs féminins entre générations.
Si certaines « Kitchen Parties » contribuent indubitablement à la préparation au mariage et au renforcement des liens familiaux, d’autres peuvent malheureusement être à l’origine de conflits interminables, en particulier au sein des familles les moins aisées, où les attentes matérielles peuvent dépasser les réalités financières.
En somme, la « Kitchen Party » à Bukavu est une pratique aux multiples facettes, oscillant entre une tradition de transmission et une course aux biens, dont l’impact sur la vie des jeunes couples reste un sujet de débat.
- La rédaction