L’alchimie des jeunes transforme nos déchets en or vert
Sur les 15 pépites d’innovation présentées, trois projets ont littéralement électrisé l’assemblée, repartant avec des bourses d’encouragement de 1 500, 1 000 et 500 USD. C’était au Chapiteau de Labotte, ce jeudi 26 mars 2026.
Entre beats d’artistes locaux, parfums de gastronomie du terroir et étincelles de génie technologique, la Foire des Idées Innovantes a clôturé le « Mois Vert » en apothéose.
Dès l’entrée, le ton était donné. Exit la monotonie des conférences classiques ; place à une déambulation sensorielle. Entre deux stands de boissons locales fraîches, les visiteurs ont découvert un univers où l’art et l’écologie s’épousent. Des sculptures nées de détritus, des mélodies portées par des artistes engagés et une foule hétéroclite — autorités, experts et citoyens — unie par un même cri de ralliement : « Bukavu Ville Verte ».
Le podium de l’audace : Du « tabou » à la haute technologie

L’Or Noir des Latrines (Mazingira Safi Grands Lacs) : Avec un aplomb magistral, Madame Leya a brisé les tabous en hissant la gestion des boues de vidange sur la première marche du podium. Son projet ne se contente pas d’assainir ; il transmute nos matières fécales en charbon écologique (briquettes) et même en eau potable. Une révolution sanitaire pour Bukavu.
Le Carburant Plastique (Congolese Discovery). Céline Musibira a présenté une solution alchimique : transformer les bouteilles qui étouffent nos caniveaux en carburant. Une réponse cinglante à la pollution plastique et à la crise énergétique. Olivia age
La Fibre Féminine (Banacare Pad) : Sous l’impulsion de Bénédicte Kombe, l’écorce de banane devient une serviette hygiénique biodégradable. Une innovation qui lie santé reproductive et protection de la biodiversité.
La Femme, Sentinelle de l’Écosystème
Le panel de redevabilité, introduit par Thomas Jenatch, directeur de la Coopération Suisse (DDC), a mis en lumière une vérité essentielle : l’environnement à Bukavu a un visage féminin. En insistant sur l’implication des femmes tout au long de ce mois de mobilisation, la DDC a réaffirmé que la durabilité passait par l’inclusion.
Plus qu’une foire, un manifeste

L’après-midi a glissé vers une ambiance festive où le plaidoyer a pris des airs de célébration. Comme l’a si bien résumé l’organisateur Franck Mweze, l’heure n’est plus aux constats mais à l’action. Entre deux prestations artistiques, les autorités municipales et les forces vives ont pu constater que le génie local est prêt.
Le rideau tombe sur ce Mois Vert, mais les graines semées sous le chapiteau de Labotte promettent déjà une récolte de dignité et de propreté pour tout le Sud-Kivu.
- Christian Buhendwa