Il avait 26 ans et travaillait à la frontière entre le Congo et le Rwanda. En refusant de laisser passer un chargement de riz avarié, il a défié un système qui prospérait sur l’illégalité. Pour cet acte de courage, il a été tué.
Aujourd’hui, Floribert Bwana Chui est proclamé bienheureux. Non seulement pour l’Église, mais pour une multitude de personnes qui voient en lui une réponse claire au cynisme ambiant. Son choix n’était pas uniquement spirituel, il était aussi profondément civil et concret. Il n’a pas cherché la célébrité ni élevé la voix, il n’est pas devenu un héros au sens conventionnel du terme. Mais il n’a jamais accepté de compromis, déclarant avec conviction : « Il vaut mieux mourir que d’accepter cet argent. »

Comme l’a rappelé Andrea Riccardi, l’histoire de Floribert résonne particulièrement dans notre époque, souvent marquée par le culte de l’argent et de la force. La sienne est une voix jeune, africaine et pleine d’espoir. Il n’a pas vaincu par la force, mais par sa cohérence inébranlable.
Son rêve était à la fois simple et profond : que les jeunes puissent vivre comme des frères, partageant une table commune. C’est pourquoi il avait choisi la Communauté de Sant’Egidio, un lieu où la paix se construit à partir des relations humaines, du respect mutuel et de la solidarité.

« Tout le monde a le droit d’avoir la paix dans son cœur », affirmait-il. Aujourd’hui, son cœur parle au nôtre, nous invitant à l’intégrité et à l’espoir.
- Egide Kitumaini