La survie des communautés est désormais le cœur de la conservation au Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB).
Réunis ce mercredi 29 octobre à Bukavu, les huit Comités de Conservation Communautaire (CCC) n’ont pas seulement parlé de gorilles et de reboisement ; ils ont dressé une liste de priorités 2026 où l’urgence alimentaire côtoie l’intégrité du patrimoine mondial.
Les représentants des groupements riverains (Mudaka, Bugorhe, Miti, Cirunga, Bugobe, Katana, et Mbinga Sud) ont mis les pieds dans le plat. Face à l’apparition de cas de kwashiorkor, la survie prend le pas sur le reste. Leurs requêtes, urgentes et pratiques, dessinent une feuille de route axée sur l’autonomie. Il s’agit d’abord de vivre avec un appui à la demande de semences vivrières (maïs, haricots, manioc) pour les cultures de base et ensuite un appui à l’élevage (lapins, cobayes) et à la culture d’oignons, essentiels pour générer des fonds rapidement.
L’idée est simple : la stabilité communautaire, via l’agroforesterie et le développement, est le meilleur rempart pour le PNKB. On ne protège pas un parc le ventre vide.
Malgré ces préoccupations vitales, les CCC n’ont pas perdu de vue leur mission première. Le plan de conservation 2026, validé lors de cette rencontre, comprend des actions robustes pour la forêt. Il s’agit de la restauration intensive des zones dégradées, du reboisement massif à l’intérieur et à l’extérieur du Parc ainsi que la sensibilisation ciblée pour ancrer l’importance de ce sanctuaire de biodiversité.
Les communautés ont le droit d’être impliquées
Cette approche est pleinement soutenue par la direction du Parc. Kadir Boru, Chef du programme de Conservation communautaire, l’a affirmé sans détour : « Les communautés ont le droit d’être impliquées… Cette consultation leur permettra de bien jouer leur rôle. »
De son côté, Mr. Arthur Kalonji, Directeur et Chef de site du PNKB, a tenu à saluer la démarche des CCC, qu’il voit comme le « maillon fort » entre l’administration et la population. Il a d’ailleurs profité de la réunion pour se présenter officiellement à ces partenaires désormais incontournables.
À l’issue des travaux, les Comités ont d’ailleurs formalisé leurs attentes pour une collaboration encore plus fluide. Leurs recommandations cruciales appellent le PNKB à mettre en place une véritable cogestion par les autorités du Parc, faciliter l’identification des destructeurs de l’aire protégée et soutenir activement les Activités Génératrices de Revenus (AGR) pérennes.
En reconnaissant que la conservation passe par le social et l’économique, le PNKB consolide une stratégie qui s’annonce, pour 2026, non seulement plus inclusive, mais surtout plus efficace et résiliente.
- Angel Nsim