Le Stadium Mzee Laurent Désiré Kabila a vibré ce dimanche au rythme d’une émission publique d’envergure. Sous l’impulsion du Bureau de la Coopération Suisse en RDC, dans le cadre de la campagne « Mois Vert », les habitants de Kadutu et les autorités urbaines ont jeté les bases d’un nouvel engagement pour l’assainissement de la ville.
Face à ses administrés, le maire de Bukavu, le Dr Nicolas Kyalangalilwa, a dévoilé les grandes lignes de sa stratégie environnementale. Pour désengorger la ville, l’autorité urbaine a annoncé l’ouverture prochaine de deux nouveaux dépotoirs à Nyantende et Kabare, ainsi que la réhabilitation complète du site de Musigiko à Bagira.
Le maire a également souligné l’impact positif des travaux communautaires « Salongo », affirmant qu’une baisse significative des maladies liées à l’insalubrité, telles que la fièvre typhoïde, a été observée dans les statistiques sanitaires récentes. Dans une phase de transition, la mairie mise sur la distribution gratuite d’arbres, avant de rendre leur plantation obligatoire dans chaque ménage disposant d’un espace.

Responsabilité citoyenne et défis logistiques
La question de l’évacuation a été au centre des débats. Mizo Kabare, représentant des sociétés de collecte, a dressé un constat technique de taille : avec une production quotidienne de 890 tonnes de déchets, la ville de Bukavu nécessite une flotte d’au moins 270 véhicules pour assurer un service optimal. Il a plaidé auprès du Maire pour la création de véritables centres de recyclage en remplacement des simples décharges.
De son côté, Madame Madeleine Bwenge, figure de proue de l’AEGDK, a insisté sur le civisme domestique. Elle a exhorté la population au triage à la source et a lancé un appel vibrant aux femmes pour qu’elles cessent d’utiliser des enfants pour l’évacuation sauvage des ordures.
L’urgence de protéger le Lac Kivu
L’aspect scientifique et environnemental a été porté par la CT Nelly Furaha de l’Université Officielle de Bukavu (UOB). Elle a alerté sur les conséquences dramatiques de la transformation du Lac Kivu en dépotoir.
« La pollution du lac entraîne non seulement la disparition de la biodiversité aquatique, mais perturbe aussi gravement la centrale hydroélectrique de Ruzizi I, causant les délestages que nous subissons tous », a-t-elle rappelé.

Un dialogue direct pour des solutions concrètes
En clôture de ces échanges, Alain Mutiki, au nom de la société civile de Kadutu, a pris l’engagement ferme de vulgariser et de mettre en œuvre les recommandations issues de ce forum.
Cette émission publique, organisée par le bloc média, a prouvé qu’un dialogue direct entre gouvernants, experts et citoyens est le levier indispensable pour transformer Bukavu en une ville plus verte et résiliente.
- Christian Buhendwa