Il est également indispensable de réfléchir à des solutions à long terme, Bukavu ne métite pas ça !
Le cimetière de la Ruzizi, l’une des nécropoles les plus fréquentées de Bukavu, est aujourd’hui devenu un véritable parcours du combattant pour les familles endeuillées. L’état de délabrement avancé de la route d’accès à ce lieu sacré constitue une véritable honte pour la ville et une source de souffrance supplémentaire pour les familles qui viennent y déposer leurs morts.
La route menant au cimetière de la Ruzizi est parsemée de nids-de-poule, de trous béants et de boue en saison des pluies. Les véhicules ont du mal à circuler, et les piétons sont obligés de marcher dans la boue, mettant en danger leur santé.
Lors des fortes pluies, la situation devient catastrophique : la route est impraticable, les véhicules sont bloqués et les familles endeuillées sont contraintes de porter les cercueils sur plusieurs centaines de mètres.
« Nous décrions l’inaction des autorités face à un problème récurrent », criaient certains jeunes, visiblement abattus par des boissons fortement alcoolisées en vente par quelques épouses des militaires dans le cimetière.
Cette situation perdure depuis plusieurs années, malgré les multiples alertes lancées par la société civile et les habitants de Bukavu. Successivement, plusieurs gouverneurs du Sud-Kivu se sont succédé sans que le problème ne trouve de solution durable. L’incapacité des autorités à trouver une issue à cette crise est d’autant plus incompréhensible que le pays dispose de vastes étendues de terre où de nouveaux cimetières pourraient être aménagés.
Les conséquences humaines d’une situation inacceptable

L’impraticabilité de la route menant au cimetière de la Ruzizi a de lourdes conséquences humaines notamment la souffrance des familles endeuillées. Les familles qui viennent enterrer leurs proches sont confrontées à une épreuve supplémentaire, celle de devoir affronter les difficultés liées à l’accès au cimetière. « C’est atteinte à la dignité des défunts », regrette un journaliste de Bukavu ajoutant que c’est le manque de respect envers les défunts est flagrant concluant que les conditions d’hygiène sont déplorables, ce qui peut favoriser la propagation de maladies pour les usagers de ce petit tronçon.
Il est urgent que les autorités provinciales et locales prennent leurs responsabilités et mettent en œuvre les mesures nécessaires pour réhabiliter la route menant au cimetière de la Ruzizi. Il est également indispensable de réfléchir à des solutions à long terme, telles que l’aménagement de nouveaux cimetières dans des zones plus accessibles.
Les habitants de Bukavu ont le droit de pouvoir se recueillir dans des conditions dignes sur la tombe de leurs proches. Il est temps que les autorités répondent à leurs attentes.
- Ben Mug