Mr Patrick Zézé carbone, opérateur culturel de Bukavu/Sud-Kivu
La guerre, ce fléau qui s’abat sur nos vies, laisse des cicatrices indélébiles. Elle bouleverse nos repères, nos habitudes, notre quotidien. Avant le chaos, nous vivions au rythme d’une certaine stabilité, malgré les difficultés. Mais aujourd’hui, le constat est amer : rien ne sera plus jamais comme avant.
Les fondations de notre société sont ébranlées, les dynamiques sociales à reconstruire. Un travail de longue haleine nous attend, pour rétablir les liens entre les individus, les communautés. Les événements sociaux, autrefois source de joie et de rassemblement, comme nos championnats locaux de sport, doivent être réinventés.
Le football local, déjà fragile avant la guerre, semble aujourd’hui agonisant. Les terrains délabrés, le stade de Kadutu en ruine, la situation est alarmante. Mais nous ne devons pas baisser les bras. Redonner vie à ce sport, à nos jeunes, à cette passion, demandera du temps, de la patience, mais surtout, un engagement sans faille.
La culture et l’économie, piliers de notre identité, doivent elles aussi renaître de leurs cendres. Nos événements culturels, miroirs de notre unité et de notre diversité, doivent être réimaginés. Artistes, opérateurs culturels, entrepreneurs, nous avons tous un rôle à jouer dans cette reconstruction collective.
La guerre nous a affaiblis, certes, mais elle nous a aussi appris la résilience. Chaque pas que nous faisons pour reconstruire notre quotidien, chaque action que nous entreprenons, nous rapproche d’un avenir meilleur. Les cicatrices sont encore visibles, mais notre volonté de reconstruire notre vie sociale, économique et culturelle doit être plus forte que tout.
La guerre a tout changé, c’est un fait. Mais notre avenir, c’est à nous de le façonner. Ensemble, pas à pas, nous allons redonner vie à ce qui a été détruit, à ce qui semblait perdu. Car c’est là que réside notre véritable force : dans notre capacité à nous relever et à aller de l’avant, main dans la main.