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De nombreux agents de l’État à Bukavu sont confrontés à des difficultés croissantes pour accéder à leurs salaires via les services de transfert mobile, notamment Pepele Mobile.
Malgré la disponibilité des fonds sur leurs comptes, la rareté des francs congolais chez les opérateurs de retrait constitue un obstacle majeur à la perception effective de leur rémunération.
Une « taxe informelle » exacerbée par la crise
La situation est d’autant plus frustrante que certains agents dénoncent des pratiques abusives. Un fonctionnaire, souhaitant conserver l’anonymat, a témoigné : « Nous sommes déjà à la mi-juin, et je n’ai toujours pas pu accéder à mon salaire du mois de mai, alors que je dois aussi payer les personnes qui travaillent chez moi. » Il ajoute : « Je suis passée chez plusieurs agents de retrait, mais tous m’ont dit qu’ils n’avaient pas de liquidité en francs congolais, et celui qui a finalement accepté de me servir m’a demandé de lui laisser 10 % de la somme à retirer. »
Cette « taxe informelle » s’est malheureusement généralisée à Bukavu, une situation aggravée par la prise de la ville par les troupes de l’AFC M23. Cet événement a entraîné la fermeture des banques, réduisant drastiquement la disponibilité des liquidités en francs congolais chez les distributeurs, alors même que les demandes de retrait ne cessent d’augmenter.
Des conséquences socio-économiques alarmantes
La crise financière a des répercussions directes et sévères sur les ménages des fonctionnaires. « C’est une situation qui nous frustre, on nous paie, mais on ne peut pas utiliser notre argent, » s’indigne un autre fonctionnaire. « Cette crise financière s’aggrave du jour au lendemain et pousse certains à s’endetter ou à vendre leurs biens pour survivre. » La frustration est palpable, et l’incapacité à disposer de son propre salaire génère une précarité accrue.
Appel urgent aux autorités
Face à cette situation critique, les victimes de cette pénurie de liquidités lancent un appel pressant aux autorités. Elles exhortent le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour réguler les services de transfert mobile et garantir un accès équitable et sans entrave aux salaires. La crainte est grande que, sans une intervention rapide et concrète, cette pratique illégale ne s’institutionnalise, aggravant davantage la crise économique et sociale des ménages déjà fragiles. La balle est dans le camp des autorités pour restaurer la confiance et la stabilité financière de leurs agents.
- Willy Ntaboba