Une vague d’incidents récents révèle l’apparition d’une nouvelle technique d’extorsion, de vol et d’intimidation à Bukavu.
Ces actes, orchestrés par des individus qui se réclament fallacieusement d’autorités ou de mouvements, ciblent des citoyens au volant et soulèvent de vives inquiétudes.
Plusieurs témoignages concordants décrivent un schéma d’action bien rodé, souvent effectué à l’aide de motos, visant à arrêter et à extorquer les conducteurs de véhicules.
Un incident survenu vendredi 31 octobre, vers 11 heures, à l’entrée de Bugabo, illustre parfaitement ce nouveau mode opératoire :
Un individu à moto a tenté d’intercepter le secrétaire de la paroisse d’Ibanda. Devant son refus d’obtempérer, la poursuite a mené jusqu’à l’économat. La confrontation a alors basculé dans l’intimidation, l’agresseur utilisant un mélange de swahili et de français tronqué, souvent caractéristique de l’extorsion : « Colonel ana kusimamisha unakatala simama ? » (Le Colonel t’ordonne de t’arrêter, et tu refuses ?)
Face à la confusion et au déni de la victime (« Non, sikuona colonel »), l’agresseur a menacé d’emporter le véhicule, sous prétexte qu’il possédait une traction et devait être réquisitionné pour Walungu. La victime n’a dû son salut qu’à l’arrivée de plusieurs personnes du BDOM déjà présentes sur place.
Un phénomène qui se généralise
Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Un responsable d’une socité étatique a été victime du même stratagème alors qu’il se rendait au niveau de Muyeye.
Des « types » l’ont arrêté en affirmant être mandatés par un « Afande » (officier) pour réquisitionner sa voiture. Ils l’ont même emmené jusqu’à la labotte. Ce n’est qu’après l’insistance de la victime à alerter ses contacts qu’ils l’ont relâché, le sommant de « partir vite ».
Appel à la vigilance
Il est clair que ces bandits opèrent désormais « au nom du mouvement » ou sous la couverture de prétendus ordres militaires, cherchant à tirer profit de la peur et de la confusion.
Quelques acteurs de la société civile exhortent les citoyens et les autorités à la plus grande vigilance. Devant de telles interpellations, il est crucial de s’assurer de l’identité et du mandat de la personne qui vous arrête, de ne pas céder immédiatement à la panique ou aux menaces d’extorsion. Et d’alerter immédiatement les services de police légitimes si vous vous sentez menacé.
La collaboration de tous est essentielle pour dénoncer et mettre fin à cette nouvelle vague de criminalité organisée.
- Eco-Kilo