Un silence assourdissant plane sur les ondes de Radio Mulangane. Le centre d’émission de Ngando, autrefois vibrant de voix et d’informations, est désormais sous occupation militaire. Les forces ont pris possession des lieux, pillant le bâtiment et réduisant au silence une radio essentielle pour la population locale.
Ce bâtiment, symbole de développement et d’information, avait été érigé dans le cadre d’un projet conjoint PNUD-UNICEF-FAO, un investissement pour l’avenir de la région. Construit en 2009, il avait été réalisé par le RATECO, sous la direction de Kizito Mushizi, un acteur clé du paysage médiatique local.
Aujourd’hui, ce lieu de rassemblement et d’échange est transformé en position militaire, privant la population de sa source d’information et de communication. Un coup dur pour la communauté, qui dépendait de Radio Mulangane pour s’informer, se divertir et se faire entendre.
« La radio est notre voix », témoigne un habitant de Walungu, sous couvert d’anonymat. « Sans elle, nous sommes coupés du monde, isolés. Nous ne savons plus ce qui se passe. »
L’occupation de Radio Mulangane est un acte de plus dans la longue liste des violations des droits humains et des atteintes à la liberté de la presse dans la province. Elle prive la population d’un outil essentiel pour la démocratie et le développement.
Les organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse appellent à la libération immédiate du bâtiment de Radio Mulangane et à la protection des journalistes et des médias locaux. Ils demandent également une enquête sur les pillages et les actes de vandalisme commis par les forces armées.
La voix de Radio Mulangane doit être rétablie, pour que la population de Walungu puisse retrouver son droit à l’information et à la communication.
- La rédaction