La situation des professionnels des médias sur le continent africain a été au cœur des discussions à Windhoek, en marge du forum africain sur la liberté d’Internet.
L’Africa Freedom of Expression Exchange (AFEX) a tenu son assemblée générale, offrant un cadre d’évaluation essentiel sur les atouts et les défis de la presse, et définissant de nouvelles stratégies pour garantir la liberté d’expression en Afrique.
Un constat global alarmant
Les échanges ont abouti à un constat général préoccupant. Les organisations membres d’AFEX déplorent le faible engagement financier des gouvernements pour faciliter le travail de la presse, des législations souvent punitives qui entravent la pratique journalistique, l’insécurité physique croissante des journalistes, confrontés à de multiples menaces ainsi que la précarisation des professionnels des médias due au manque de contrats de travail et à l’insuffisance de formation.
La situation critique en RDC
La région de l’Afrique Centrale et, plus particulièrement, la République Démocratique du Congo (RDC), ont fait l’objet d’une attention particulière. Il a été souligné que la guerre en cours dans l’Est du pays est un obstacle majeur à l’émergence de médias libres, conduisant à l’exil de plusieurs professionnels. Cette situation précarise davantage les journalistes, qui sont contraints de se soumettre au « dictat de ceux qui gèrent les espaces ».
Néanmoins, l’assemblée a salué un point positif : la réforme législative en RDC, notamment la promulgation de la loi du 23 mars 2023 sur le secteur de la presse, a été reconnue comme une avancée significative.
Perspectives pour la liberté d’expression
En conclusion, cette assemblée générale a permis aux organisations membres d’AFEX de se fixer des objectifs ambitieux. Elles s’engagent à redoubler d’efforts pour défendre activement la libre expression sur l’ensemble du continent et pour créer un environnement où les professionnels des médias peuvent exercer leur métier sans crainte et dans la dignité.
- Egide Kitumaini