Six mois. Six longs mois que les habitants de plusieurs villages d’Irhambi Katana, dans le territoire de Kabare, souffrent en silence. Depuis février dernier, la pénurie d’eau potable a transformé la vie quotidienne en un combat de chaque instant pour des milliers de familles.
Dans les villages de Kahungu, Mwanda, Kabushwa et dans le centre commercial de Katana, l’eau courante n’est plus qu’un lointain souvenir. Les robinets sont à sec, et les femmes et les enfants, premiers porteurs de fardeau, parcourent de longues distances à la recherche du précieux liquide, s’exposant aux risques sanitaires et sécuritaires.
Un réseau sous haute tension
Les causes de cette crise, complexes, se cumulent pour former un véritable cercle vicieux. L’Association des usagers des réseaux d’eau potable de Katana (ASUREP) pointe du doigt plusieurs facteurs notamment le manque de moyens et d’équipement. L’ASUREP manque cruellement de fonds pour l’entretien et la réparation du réseau, et les techniciens, sans l’équipement adéquat, peinent à intervenir efficacement.
Les zones de captage, comme à Kahungu et Kabushwa, sont devenues inaccessibles en raison de l’insécurité, empêchant toute maintenance.
Les conduites sont fréquemment endommagées par les agriculteurs, et la vétusté des tuyaux, souvent bouchés par la terre, aggrave la situation.
Face à l’urgence, l’ASUREP a tenté de relancer les opérations de réparation sur plusieurs lignes. Cependant, les efforts restent entravés par le manque de financement et l’insécurité qui rend l’accès impossible à des sites de captage clés comme Kamyanzi et les Kalengo.
Un appel à la solidarité
Emery Murhula, président de la société civile à katana, consciente de la gravité de la situation, lance un vibrant appel à l’aide. Il formule des recommandations claires et pressantes pour que la crise de l’eau à Katana ne tombe pas dans l’oubli. À l’ASUREP de redoubler d’efforts pour que la population ait enfin accès à l’eau potable.
Aux partenaires, d’apporter un soutien logistique et financier aux techniciens avec des kits de réparation pour répondre aux besoins urgents de la population et à la population : Respecter les infrastructures. Les agriculteurs doivent veiller à ne pas endommager les conduites d’eau lors de leurs activités, et les usagers doivent s’acquitter de leurs cotisations pour assurer le bon fonctionnement du réseau.
Il est impératif que toutes les parties prenantes, de l’association aux usagers, en passant par les partenaires, s’engagent pleinement pour que l’eau redevienne une réalité permanente à Katana. Car l’accès à l’eau potable n’est pas un luxe, mais un droit fondamental.
- Willy Ntaboba