Le Club des auditeurs de la Radio France Internationale de Bukavu (Club RFI Bukavu) a officiellement lancé son ambitieux projet « Désinfox Jeunesse / Mégaphone de la Nature ».
D’une durée de 14 mois, s’étendant de juillet 2024 à septembre 2025, cette initiative vise à armer la jeunesse congolaise face aux fléaux de la désinformation et à l’engager activement dans la protection de son environnement.
Un partenariat stratégique pour un avenir durable
Lors de la cérémonie de lancement, Égide Kitumaini, Secrétaire provincial de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) Sud-Kivu, a salué chaleureusement cette initiative. Il a souligné l’honneur partagé par la Radio Gorilla FM, partenaire privilégié du Club RFI, et l’UNPC Sud-Kivu, de prendre part à cet atelier crucial. « Le thème qui nous rassemble – la jeunesse et la désinformation à travers le ‘Mégaphone de la Nature’ – est d’une importance capitale pour notre province, » a-t-il déclaré.

« En tant que professionnels de la radio, l’UNPC réaffirme sa conviction que la radio demeure un outil d’information et de sensibilisation incroyablement puissant. Sa portée, son accessibilité et son rôle quotidien en font un allié indispensable. Le projet « Désinfox Jeunesse / Mégaphone de la Nature » offre aux auditeurs de RFI Bukavu une opportunité unique de s’engager activement dans la lutte contre la désinformation, particulièrement celle qui prolifère sur les réseaux sociaux, tout en valorisant la protection de notre environnement ».
L’UNPC Sud-Kivu a affirmé son partenariat indéfectible avec le Club RFI Bukavu, se déclarant prête à « sonner le glas de l’ignorance et de la désinformation » et à œuvrer main dans la main pour que ce projet ambitieux aboutisse à des résultats concrets et positifs.
Face à une double crise : humanitaire et environnementale
A en croire Mme Célestine Cibalonza, représentant du directeur provincial de l’ICCN, la province du Sud-Kivu est malheureusement confrontée à une crise humanitaire persistante et à une criminalité environnementale alarmante.
Pour Mr Ladislas Witanene de la société civile environnementale, des écosystèmes vitaux, tels que le Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) et la plaine de la Ruzizi, subissent des pressions intolérables. « Des habitats naturels disparaissent à un rythme effréné, entraînant la perte irréversible d’espèces précieuses », regrette-t-il.
Dans ce contexte difficile, l’éducation de la jeunesse est plus que jamais essentielle. En les équipant des outils nécessaires pour discerner le vrai du faux et en les sensibilisant aux enjeux environnementaux, le projet aspire à construire une génération consciente, capable de devenir les véritables protecteurs du patrimoine naturel congolais.
La Radio Gorilla FM et l’UNPC Sud-Kivu s’engagent à amplifier les messages, à relayer les informations fiables et à soutenir toutes les initiatives visant à éclairer, éduquer et mobiliser la jeunesse pour un avenir plus juste et plus durable.

Objectifs ambitieux et stratégies ciblées
Le projet « Désinfox Jeunesse / Mégaphone de la Nature » poursuit des objectifs clairs. C’est entre autres d’initier la jeunesse à l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI), aux enjeux de la désinformation et à la lutte contre la manipulation et la propagation des messages de haine.
Ses objectifs spécifiques incluent de lutter contre la désinformation par la mise en place d’un réseau de vérificateurs d’informations et d’outils numériques adéquats, reliant les communautés virtuelles engagées dans la lutte contre les infox, notamment dans les secteurs de l’environnement et de l’éducation, former des formateurs du secteur de l’éducation aux techniques d’identification, de gestion et de lutte contre les infox en milieu scolaire, mobiliser et sensibiliser les communautés dans la lutte contre la désinformation et promouvoir l’appropriation de cette lutte par les jeunes à travers des activités parascolaires et des concours variés.
Partenariats et bénéficiaires
Les principaux partenaires de cette initiative sont les Clubs RFI de Bukavu, Kisangani, Bujumbura et Bangui-Fénelon.
Les bénéficiaires directs sont divers. Selon Mr Benjamin Mweze Bahati, il s’agit des jeunes écoliers, élèves et étudiants, des jeunes blogueurs, activistes, écologistes, et journalistes, autorités locales et leaders communautaires ainsi que des enseignants et encadrants scolaires et la communauté des Clubs RFI.
Les bénéficiaires finaux sont la jeunesse des trois pays (RDC, Burundi, RCA) en particulier, celle de l’Afrique en général, et tous les utilisateurs des réseaux sociaux.
L’urgence d’agir face à la désinformation numérique
Juvenal Lushule, rapporteur du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu indique que le constat est alarmant. Selon le représentant de la présidente Néné Bintu, les cas de désinformation, de montages factuels basés sur de gros mensonges, d’informations calomnieuses visant à nuire à la réputation, de fausses attributions ou citations sorties de leur contexte, de manipulations d’images, et de piratages de comptes sur les réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, Instagram, X, etc.) se multiplient.

« Trop souvent, des médias traditionnels partisans et des internautes relaient ces faits sans en vérifier l’authenticité », regrettent Olivier Kiriza. Le coordonateur du Rateco pense que pour certains, c’est par ignorance, mais pour la majorité, c’est dans l’intention de capitaliser sur ces informations pour leurs propres intérêts (recherche de followers, de vues, d’influence), peu importe les conséquences néfastes sur autrui, l’incitation à la haine ou les dégâts causés à l’écosystème et à la communauté.
De nombreux individus, en particulier les jeunes, relaient ces informations sans en vérifier l’authenticité, souvent sans mauvaise intention. C’est précisément la raison pour laquelle il est urgent d’initier les jeunes à l’éducation aux médias et à l’information. Cette désinformation, au-delà de la manipulation de l’opinion, désigne un processus de diffusion d’informations erronées ou déformées, souvent par manque de vigilance. Les « infox » se propagent ainsi, volontairement ou par ignorance, notamment via les utilisateurs des réseaux sociaux comme les blogueurs et « chateurs ».
Ce projet est une étape cruciale pour équiper la jeunesse congolaise et africaine face à ces défis complexes, et pour en faire des acteurs éclairés et responsables du développement durable.
- Egide K