Global Women's Institute soulignent l'importance d'une approche holistique en faveur des survivantes des VBG.
Le Global Women’s Institute de l’Université George Washington, en partenariat avec Women for Women International, a récemment invité le public à une discussion passionnante. Egide Kitumaini, journaliste professionnel et défenseur des droits humains et de l’environnement y a pris part à partir de Bukavu.
L’événement, tenu ce jeudi 19 juin 2025 à 9h00, heure de l’Est (US et Canada), a été l’occasion de présenter les enseignements clés du projet « Mettre les survivantes au centre » (Putting Survivors at the Center). Ce projet de recherche participatif, mené sur plusieurs années, visait à renforcer la capacité des organisations humanitaires non spécialisées dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) à offrir un soutien essentiel aux survivantes.
Au cœur du projet : renforcer la capacité d’intervention non spécialisée
Le projet « Mettre les survivantes au centre » a été conçu pour combler une lacune cruciale dans l’aide humanitaire : permettre aux acteurs généralistes de première ligne de mieux identifier, orienter et soutenir les survivantes de VBG, un domaine traditionnellement réservé aux spécialistes. Gabriella Nassif, associée de recherche principale au Global Women’s Institute, a détaillé les trois piliers fondamentaux qui ont guidé cette initiative.

Le premier pilier s’est concentré sur la formation du personnel de première ligne, des parties prenantes et des leaders communautaires. Une session initiale de formation de trois jours, suivie d’une session de « rafraîchissement » d’une journée six à douze mois plus tard, a couvert des sujets essentiels tels que les premiers secours psychologiques (PSP) adaptés aux VBG : Comment apporter un soutien immédiat et sensible.
Les autres sujets sont tels que : lier les survivantes aux services à travers les mécanismes d’orientation efficaces, les pratique de la confidentialité en démontrant l’importance capitale de protéger les informations des survivantes ainsi que les limites du rôle des non-spécialistes pour clarifier ce que les organisations généralistes peuvent et ne peuvent pas faire.
Des adaptations de cette formation ont été réalisées pour différents groupes, y compris les leaders communautaires. Selon l’intervenante Maureen Murphy, les principaux enseignements de ce pilier ont montré une réduction significative des mauvaises pratiques (telles que la médiation des cas de VBG ou la violation de la confidentialité) et une meilleure compréhension des principes directeurs en matière de VBG.
Connexion et soutien aux services spécialisés existants

A en croire Katie Allen-East, ce pilier a mis l’accent sur la construction de la confiance et la coordination entre les spécialistes de la réponse aux VBG et les non-spécialistes. Les résultats ont été très encourageants. Observées dans tous les sites du programme, cela a permis de créer un environnement plus collaboratif.
Des mesures pratiques ont été mises en œuvre, comme la création d’un fonds d’urgence et le soutien au déploiement d’une application de l’UNFPA pour les orientations. Notée dans certains contextes, bien que la stigmatisation sociale demeure un obstacle persistant.
La formation des acteurs de la chaîne de référence des VBG (personnel de santé, police, etc.) a été une composante essentielle. Comme l’a illustré une image de formation en Ouganda, des sessions spécifiques ont été organisées pour la police, les forces de sécurité et les travailleurs sociaux au Soudan du Sud. De plus, une formation spécifique a été développée en RDC pour les professionnels de la santé, renforçant ainsi la capacité des systèmes existants à soutenir les survivantes.
Soutien à la résilience psychosociale
Le troisième pilier a mis en œuvre des approches informelles de soutien psychosocial, telles que l’auto-prise en charge, ainsi que des séances de soutien psychosocial individuelles et de groupe. Selon Madame Gabriella Nassif, Senior Research Associate Global Women’s à Institute George Washington University, le déploiement de ces activités a été associé à une augmentation des révélations de VBG et des orientations vers des services spécialisés.

« Des sessions individuelles de consultation rapide ont été proposées, mais uniquement aux femmes qui avaient refusé une orientation vers un soutien spécialisé », indique l’intervenante en ajoutant que ces sessions visaient à fournir un « soutien léger » axé sur les techniques de gestion du stress.
Pour Egide Kitumaini, un de participants à cet échange, le projet « Mettre les survivantes au centre » offre des leçons inestimables pour les organisations non spécialisées désireuses de jouer un rôle plus actif et efficace dans le soutien aux victimes de VBG. Les données et les expériences partagées par le Global Women’s Institute soulignent l’importance d’une approche holistique, combinant formation, coordination et soutien psychosocial, pour garantir que chaque survivante reçoive l’aide dont elle a besoin, là où elle se trouve.
- Angel Nsim