La saison sèche, tant attendue, s’annonce comme une véritable aubaine pour les camionneurs et les voyageurs empruntant la Route Nationale n°2, tronçon Bukavu-Mwenga.
Mercredi 11 juin 2025, le soleil a brillé sur le groupement de Bizalugulu, en chefferie de Basile, offrant un répit bienvenu aux transporteurs qui peinaient sur cette route vitale.
Un répit après des semaines d’enlisement
Une trentaine de gros camions, chargés de produits de première nécessité, ont enfin pu franchir un imposant bourbier d’une centaine de mètres situé à Kibumba. Ces véhicules, dont certains étaient embourbés depuis deux semaines, voire un mois, ont été accueillis avec soulagement au chef-lieu du territoire de Mwenga. L’arrivée de ces cargaisons, ovationnée par la population, témoigne de l’impact direct des conditions météorologiques sur l’approvisionnement local.
Muganza, un conducteur de camion visiblement satisfait, explique l’ampleur du changement : « Sur un tronçon routier de cent quatre-vingts kilomètres, les véhicules mettaient plus d’un mois, mais grâce à la saison sèche, ils pourront désormais passer d’une à deux semaines pour rejoindre Kamituga. » Cette réduction drastique du temps de trajet est une bouffée d’oxygène pour l’économie locale et la vie quotidienne des habitants.
Des coûts de transport réduits, mais une route toujours semée d’embûches
La saison sèche, agissant comme un « nouvel office des routes », a également un impact positif sur le transport en commun. Du chef-lieu de Mwenga à Kilungutwe, en chefferie de Burhinyi (environ 55 kilomètres), le prix pour un passager à moto est passé de 25 000 à 30 000 francs congolais en saison des pluies à 15 000 à 20 000 francs congolais actuellement. De Kilungutwe à Bukavu (environ 100 kilomètres en voiture), le coût a chuté de 30 000 à 40 000 francs congolais à 20 000 francs congolais.
Cependant, comme le précise l’ingénieur Mukamba, habitant de Mwenga, le prix du trajet retour Bukavu-Mwenga demeure souvent exorbitant. Cela s’explique par le fait que Bukavu est le principal centre d’approvisionnement de Mwenga. Ainsi, un trajet de Bukavu à Kilungutwe peut coûter entre 65 000 et 70 000 francs congolais en voiture, et de Kilungutwe à Mwenga, il faut débourser jusqu’à 50 000 francs congolais.
Malgré cette accalmie temporaire sur le plan du transport, voyager sur le tronçon Bukavu-Mwenga reste un véritable « parcours de combattant ». Les barrières payantes érigées çà et là et les tracasseries infligées par les porteurs d’armes continuent de tourmenter les voyageurs, rappelant que les défis sécuritaires et réglementaires demeurent bien présents, même quand la nature se montre plus clémente.
- Safari Walisso