La cité de Kamanyola, autrefois un carrefour économique vibrant, est aujourd’hui plongée dans une crise socio-économique profonde, directement imputable aux conflits armés qui ravagent cette partie du Sud-Kivu.
La population vit dans des conditions de plus en plus difficiles, voyant ses activités génératrices de revenus paralysées et l’accès aux services financiers sévèrement compromis.
Une paralysie économique généralisée
Les témoignages des habitants sont unanimes : la vie quotidienne est devenue une lutte constante. Les activités économiques tournent au ralenti, asphyxiées par l’insécurité et les déplacements massifs. Les salariés, même ceux qui conservent un emploi, sont confrontés à l’impossibilité de retirer leur argent, les banques étant elles aussi affectées par cette conjoncture volatile. Le coût de la vie s’envole, rendant l’accès aux produits de première nécessité quasi impossible pour de nombreux ménages.
Cette paralysie n’épargne aucun secteur. Les associations et autres structures de développement, piliers de la vie communautaire, ne parviennent plus à fonctionner normalement. Certaines ont été contraintes de fermer leurs portes, tandis que d’autres luttent pour maintenir une activité minimale, malgré les obstacles.
Le cas de la SOCOOSKI : quand les clients disparaissent
Parmi les organisations durement touchées figure la SOCOOSKI, une association locale regroupant les intermédiaires en transactions foncières à Kamanyola. Monsieur Mayala Bienvenu, responsable de la SOCOOSKI ASBL Kamanyola, explique que cette paralysie est directement liée au départ massif des acheteurs potentiels. Ces derniers, fuyant la zone pour des endroits plus sécurisés, ont laissé derrière eux un marché immobilier à l’arrêt.
« Plusieurs personnes ont fui et d’autres ont perdu leur emploi. La vie est devenue difficile. La conjoncture est marquée par l’absence d’activités économiques, » déplore Monsieur Mayala, soulignant l’ampleur du désastre.
Un appel urgent à l’assistance humanitaire
Face à cette situation critique, Monsieur Mayala Bienvenu lance un appel vibrant aux partenaires humanitaires. Il insiste sur l’urgence d’une assistance pour les « nécessiteux » de Kamanyola, dont le nombre ne cesse de croître.
Ce bulletin humanitaire HZM, diffusé sur la radio Gorilla FM, est produit par le Rateco en collaboration avec Remel, avec le soutien de Benevolencja Grands Lacs. Il met en lumière la nécessité pressante d’une intervention coordonnée pour alléger les souffrances économiques des habitants de Kamanyola et soutenir les initiatives locales qui tentent de résister à la crise.
- Egide K