Il y a des vies qui ne s’éteignent jamais, mais qui se transforment en lumière. Vingt ans jour pour jour après le rappel à Dieu de Mgr Charles Mbogha Kambale, l’Archidiocèse de Bukavu s’est recueilli dans une profonde émotion pour honorer l’un de ses pasteurs les plus aimés et les plus symboliques.
Ce jeudi 9 octobre 2025, la Cathédrale Notre Dame de la Paix de Bukavu a accueilli une foule de fidèles pour une messe solennelle. La célébration, présidée par son successeur, Mgr François-Xavier Maroy Rusengo, Archevêque de Bukavu, n’était pas un simple acte de souvenir, mais un vibrant témoignage de l’héritage vivant de Mgr Mbogha.
Dans son homélie poignante, Mgr Maroy a livré des mots forts, soulignant la véritable nature de cette commémoration :
« Vingt ans après la mort de Mgr Charles Mbogha, nous ne pleurons pas simplement une absence, nous célébrons une mémoire qui continue de féconder notre foi et notre mission. »
Ces paroles résument l’essence du ministère de Mgr Mbogha. De 2001 à son décès pieux le 9 octobre 2005, son passage, bien que bref, a marqué l’Église de Bukavu d’une empreinte indélébile. Mgr Maroy a rendu grâce à Dieu pour ce « don qu’il a été pour nous », insistant sur les qualités qui ont fait sa grandeur : sa simplicité unique, sa proximité constante avec les fidèles, et son amour viscéral pour la justice sociale.
Mgr Charles Mbogha était un véritable « pasteur au service de ses brebis dans la souffrance ».
Né en 1942 à Lubango, ordonné prêtre en 1969 puis entré chez les Assomptionnistes, il a servi l’Église avec une humilité exceptionnelle à travers plusieurs diocèses : de Wamba (1990-1995) à Isiro-Nyangara (1996-2000), avant d’être finalement nommé Archevêque de Bukavu en 2001.
Sa vie fut un sacerdoce dévoué, un phare d’espérance dans une région souvent éprouvée par les conflits. Vingt ans après sa « naissance au ciel », l’Archidiocèse se souvient non seulement du prélat, mais de l’homme : un référentiel symbolique dont la foi, la compassion et l’engagement continuent d’inspirer l’Église et les communautés qu’il a tant aimées. Son héritage se perpétue dans chaque geste de simplicité et de charité vécus par les fidèles de Bukavu.
- Angel Nsim