Les provinces de l’est de la République démocratique du Congo doivent se préparer à une saison pluvieuse particulièrement intense. L’Agence nationale de météorologie et de télédétection par satellite (Mettelsat) prévoit des précipitations supérieures de 30 à 40 % à la normale saisonnière. Le phénomène El Niño devrait atteindre son pic en décembre 2026.
L’alerte a été présentée le mercredi 21 octobre, lors d’un briefing de crise au ministère de l’Intérieur, à Kinshasa.
Les autorités redoutent des débordements des rivières Semliki et Rusizi, ainsi que des glissements de terrain sur les collines de Goma et de Bukavu. Les habitations précaires, bâties sur des versants instables ou au bord des lacs, sont les plus exposées.
La Protection civile a cartographié les sites à risque, plus de 450 au total, et réclame des évacuations préventives sans délai.
La Croix-Rouge de la RDC soutient le dispositif de secours. Les évaluations divergent sur le niveau d’alerte : la carte de Mettelsat classe l’est du pays en zone rouge, niveau de vigilance critique, tandis qu’un expert cité par Radio Okapi parle d’une alerte orange.
Les premiers dégâts sont déjà là. Le 1er octobre, plus de 500 maisons ont été détruites à Salamabila, dans le Maniema. Le lendemain, des élèves de Bwalanda, au Nord-Kivu, ont été privés de cours.
Ces craintes s’appuient sur un lourd passif avec des éléments malheureux qui ont coûté la vie aux populations du de ces provinces de l’Est de la RDC.

Les collines de Bukavu et de Goma, densément peuplées, comme les rives des lacs, sont régulièrement touchées par des inondations meurtrières à chaque grande saison des pluies. D’où l’insistance des autorités sur des évacuations préventives.
À titre de rappel, du 4 au 5 mai 2023, des inondations et glissements de terrain ont frappé les villages de Bushushu et Nyamukubi en territoire de Kalehe dans le fin fond du Sud-Kivu, détruisant des habitations et faisant plus de 500 morts et des milliers des disparus.
Josaphat Rubenga, coordonnateur du mouvement écologiste Casque Vert rappelle aux décideurs la nécessité d’agir en avance pour protéger la population dans les zones à haut risque dans les grandes villes comme Goma, Bukavu, Uvira, Kamituga, Kindu et dans les territoires.
Dans cette interview accordée vendredi 23 octobre 2026 à la Synergie des Journalistes pour le Développement Durable (SYJDD), Josaphat Rubenga a insisté sur la nécessité de délocaliser les habitants des zones rouge.
- Rédaction SYJDD