Les récentes critiques à l’encontre de certains dirigeants politiques, notamment sur leur niveau d’instruction, ont relancé un débat stérile sur l’importance de l’érudition pour exercer des fonctions publiques. Il est fréquent d’entendre affirmer qu’un chef d’État doit impérativement être un intellectuel, tandis qu’un clerc, lui, doit être un modèle d’érudition.
« Cette vision est non seulement restrictive, mais elle ignore les réalités complexes du leadership. L’intelligence ne se mesure pas uniquement par le nombre de diplômes obtenus », déclare le Bishop Dr Zigabe Mparanyi Justin Doxael, président de l’Observatoire de la Démocratie en Afrique. De nombreux dirigeants historiques, reconnus pour leur sagesse et leur capacité à résoudre des problèmes complexes, n’avaient pas suivi de cursus académique traditionnel.
En outre, réduire l’intellectuel à un simple détenteur de connaissances théoriques est une vision réductrice. L’intelligence émotionnelle, la capacité à communiquer, à motiver et à prendre des décisions difficiles sont des qualités tout aussi importantes, voire plus, que les connaissances académiques.
Il est plus pertinent de s’interroger sur les véritables compétences nécessaires pour diriger un pays : la vision, le courage, l’intégrité, la capacité à rassembler. Ces qualités ne sont pas l’apanage des seuls intellectuels.
Plutôt que de pointer du doigt les dirigeants politiques, il serait plus constructif d’analyser les dysfonctionnements de nos sociétés. Les problèmes que nous rencontrons aujourd’hui sont le résultat de l’échec collectif de nombreux acteurs :
- La famille : Nombreuses sont les familles qui n’inculquent pas à leurs enfants les valeurs de citoyenneté et de respect de l’autre.
- L’école : Le système éducatif est souvent décrié pour son incapacité à former des citoyens responsables et engagés.
- L’Église : Les institutions religieuses, malgré leur rôle primordial dans la société, n’ont pas toujours su guider leurs fidèles vers une spiritualité authentique et un engagement social fort.
Au lieu de nous complaire dans des querelles stériles, nous devrions nous unir pour construire une société plus juste et plus équitable. Cela implique de revoir en profondeur notre système éducatif, de renforcer les valeurs morales et civiques, et de promouvoir une gouvernance transparente et efficace.
L’illettrisme n’est pas le principal obstacle au développement de notre pays. Les véritables défis sont d’ordre politique, économique et social. Il est temps de cesser de chercher des boucs émissaires et de prendre nos responsabilités en tant que citoyens.
- Ben Mugisho +243896606137