"Mugogo : le Jubilé d’une foi victorieuse". Abbé Louis-Gérard BYAMUNGU M.
L’année 2025 restera gravée dans le granit de l’histoire de la Paroisse Saint Matthieu de Mugogo, dans le doyenné de Walungu.
En cette période de grâce exceptionnelle, la communauté a su tisser, avec les fils de la persévérance et de l’espérance, un manteau de foi capable de résister aux vents les plus impétueux. Entre ferveur sacramentelle et chantiers de développement, la paroisse a témoigné d’une résilience qui force l’admiration.
Un souffle de prière et de guérison

Le moteur de cette vitalité réside dans un rendez-vous sacré : chaque premier jeudi du mois, Mugogo s’arrête pour adorer. Ce marathon spirituel de 24 heures de prière continue a confié chaque âme à la miséricorde divine, préparant le terrain aux miracles du quotidien.

L’année a débuté sous le signe de la charité concrète. Le 11 janvier, une mission chirurgicale de l’Hôpital Provincial de Bukavu a redonné le sourire aux patients du Centre Hospitalier Mère-Enfant. Si la guerre a injustement privé les malades d’une seconde mission le 28 février, elle n’a pas réussi à éteindre la solidarité.

La Lumière a véritablement triomphé à Pâques, où l’on a vu non seulement de nombreux fidèles revenir aux sacrements, mais aussi le baptême de « vieux païens », signes d’une évangélisation qui touche désormais les racines les plus profondes de ce coin.

Les épreuves du feu et la paix retrouvée
Le chemin de la foi n’est pas exempt d’embûches. En mai, la paroisse a dû faire face à des divisions familiales causées par l’influence occulte d’une « Mujakazi ». Par une procession solennelle et une prédication courageuse le 6 mai, la paix a été restaurée dans les foyers de Lurhala.

La communauté a également été éprouvée dans sa chair le 6 juillet lors du pillage nocturne du presbytère. Loin de disperser le troupeau, cet acte douloureux a scellé une union indéfectible entre les fidèles et leurs pasteurs. Même lorsque les armes ont tonné entre le M23 et les Wazalendo, empêchant la messe le 19 novembre, le cœur des paroissiens est resté un sanctuaire où la prière ne s’est jamais tue.

Une moisson de grâces et de pierres vivantes
Le mois d’août fut le sommet des réjouissances. Le 20 août, la nouvelle chapelle du secteur Ciburhi était bénie par l’Abbé Jean-Claude Ciza, suivie le lendemain par une cascade de grâces : la messe des prémices du Père Isaac Mulumeoderhwa, le jubilé d’argent de la Sœur Sophie et les vœux perpétuels de la Sœur Claudine Nankafu.

Le 24 août, l’allégresse a atteint son apogée lors du jubilé d’argent de sacerdoce de Mgr Émile Mushosho Matabaro, célébrant 25 ans de service au Seigneur.

En ce jour où je célèbre mes 25 ans au service du Seigneur, mon cœur ne trouve qu’un seul mot : Magnificat ! »
Parallèlement à ces élans spirituels, Mugogo s’est métamorphosée. L’église paroissiale s’est parée de ses plus beaux atours avec son nouveau pavement en granito et ses finitions de peinture.

Les chapelles de Mbirikira et Canampanzi ont vu leurs toitures et leurs murs s’élever, symboles d’une communauté qui bâtit pour l’éternité.
Un développement au service de la vie

Le développement social n’est pas resté en marge. Grâce à la générosité de l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu, le Centre Hospitalier Mère-Enfant dispose désormais d’une ambulance Land Cruiser depuis le 23 octobre, un outil vital pour sauver des vies. Sur les collines de Bongwa et Burhiba, 20 ménages ont vu leur quotidien transformé par la distribution de vaches et de moutons, tandis qu’un système innovant de filtration des eaux de pluie promet bientôt de l’eau potable pour tous.

Comme une bénédiction qui prend vie dans les pâturages, la paroisse a transformé la sueur des fidèles de Bongwa et Burhiba en un troupeau d’espérance, offrant vingt vaches et des moutons comme les prémices d’une dignité retrouvée dans la concession de Cirhaga.

L’année s’est clôturée comme elle avait commencé : dans la joie de la Nativité. Noël 2025 a célébré une participation massive et une pluie de baptêmes d’enfants. En se hissant à la troisième place diocésaine pour la quête de la Mission Universelle, la Paroisse Saint Matthieu de Mugogo a prouvé que même dans la précarité, la générosité d’un cœur croyant n’a pas de limite.

Au cours de cette année pastorale, la société Irabata a confié à la paroisse la gestion du terrain de football de Mugogo. Parallèlement, la construction d’un presbytère est en cours à Ikoma, l’un des secteurs de la paroisse.

Malgré la précarité de certains ménages, les fidèles ont témoigné de leur engagement envers les projets de développement communautaire. À Mbirikira, une chapelle est également en chantier. L’objectif est de parvenir à l’autonomie après de nombreuses années de soutien missionnaire.

- E-K