La capitale du Sud-Kivu a été frappée par la tragédie en ce lundi 15 décembre 2025. Un grave accident de la circulation est survenu dans l’après-midi, sur la route reliant le Quartier Latin (commune d’Ibanda) au cimetière de Ruzizi.
L’événement, impliquant un camion-benne, a soulevé une vague d’émotion et de colère, jetant une lumière crue sur les dangers de l’insécurité routière et de l’alcoolisme post-obsèques.
Selon les premières informations et les témoignages recueillis sur place, un camion-benne, transportant de nombreuses personnes, s’est renversé de manière spectaculaire sur la chaussée.
Le bilan provisoire est effroyable : huit personnes ont été retrouvées sans vie sur les lieux de l’accident. D’autres victimes, certaines en état d’agonie, ont été rapidement évacuées vers le centre hospitalier le plus proche pour recevoir des soins d’urgence. La catastrophe a également coûté la vie à un motocycliste qui aurait été écrasé par le poids du véhicule.
Miraculeusement, un témoin oculaire a rapporté qu’une dizaine d’autres personnes ont réussi à sortir indemnes de l’épave.
L’horreur du bilan est d’autant plus difficile à accepter que l’accident semble être le résultat direct d’une conduite irresponsable. Des témoins présents sur les lieux ont rapidement pointé du doigt le comportement du chauffeur du camion.
« Le conducteur était ivre et roulait à vive allure. Il a perdu le contrôle du camion, » a affirmé un habitant, soulignant l’hypothèse d’une double faute : l’excès de vitesse combiné à l’état d’ébriété.
Ce drame vient s’ajouter à la longue liste des victimes de la négligence et du non-respect du code de la route dans la ville.
Ce tragique accident met en lumière un phénomène social et sécuritaire alarmant à Bukavu : le lien entre les cérémonies d’obsèques et l’abus d’alcool.
Le camion transportait vraisemblablement des proches et connaissances qui revenaient d’une cérémonie d’enterrement au cimetière de Ruzizi. Il est fréquent d’observer que de nombreux jeunes participants aux obsèques, dans un élan mal placé de « démonstration de force », consomment des boissons fortement alcoolisées.
Le problème est exacerbé par la vente libre et opérationnelle d’alcool fort aux abords immédiats du cimetière, créant un environnement où les personnes quittent le lieu de deuil dans un état d’ébriété avancé, multipliant les risques sur la route. Ce qui devait être un retour solennel et paisible s’est transformé en un chemin macabre.
Ce tragique lundi rappelle l’urgence d’une intervention ferme non seulement en matière de sécurité routière, mais également pour encadrer la vente et la consommation d’alcool dans des contextes aussi sensibles que celui des obsèques. La vie de la population du Sud-Kivu dépend de cette responsabilité collective.
- Ben Mugisho