Ce mercredi 29 octobre 2025, la Coopération Citoyenne pour la Transformation Sociale (CCTS), plateforme pluridisciplinaire d’acteurs de la société civile, a organisé une commémoration en ligne pour marquer le 29ème anniversaire de l’assassinat de Mgr Christophe Munzihirwa.
L’événement, placé sous le thème puissant « Grands Témoins, Héros et Martyrs de la RDC », a mobilisé une audience internationale de chercheurs, religieux et citoyens, unis pour honorer la mémoire de l’ancien Archevêque de Bukavu, symbole de la résistance spirituelle.
Cet espace de dialogue visait à transformer la mémoire en action concrète pour la paix, la justice et la dignité humaine en RDC.
L’impératif de la mémoire active
Les universitaires ont rappelé que l’héritage de Mgr Munzihirwa est une boussole pour l’avenir. Le Prof. Philippe Doudou Kaganda, sociologue politique, a souligné que la culture est la mémoire d’un peuple, mais a mis en garde contre la « mémoire de reproduction » qui perpétue les conflits. Il a martelé que l’objectif ultime doit être la cohésion sociale, la paix et le développement.
Faisant écho à cette idée, le Prof. Bugeme Zigashane, membre fondateur de la future Fondation Munzihirwa, a insisté sur l’importance d’éviter la reproduction du mal. Il a rappelé que Mgr Munzihirwa a donné sa vie pour le respect des réfugiés en détresse, un sacrifice qui doit inspirer la transformation de la société par la conscience et la responsabilité.
La liberté au prix du courage
L’analyse juridique et éthique de l’héritage de Munzihirwa a été portée par la Professeure Nathalie Vumilia Nakabanda. Selon elle, le combat du prélat n’était pas seulement le respect des lois, mais l’établissement de lois justes. Pour Munzihirwa, la liberté doit être au service du bien commun, exigeant un principe d’audace et de vérité pour se libérer des chaînes et remettre l’être humain au centre des préoccupations.
Cette audace fut réaffirmée par le Père Jésuite Provincial Rigobert Kiungu en clôture. Abordant le processus de béatification, il a salué la capacité de Munzihirwa à dire « non » aux injustices et aux antivaleurs, même face aux acteurs politiques : « Il vaut mieux mourir que d’être réduit en esclave, » a-t-il déclaré, résumant le courage du martyr. Le Père Kiungu a noté que des témoignages de sa sainteté affluent depuis 2017, y compris de la communauté musulmane, soutenant l’avancement de son dossier.
Un mémo contre l’impunité dans l’Est
Au-delà de la réflexion, la CCTS a concrétisé cet hommage en présentant un Mémorandum Citoyen pour une sécurité, une justice et une dignité restituées en RDC. Signé à travers la RDC (Bukavu, Goma, Kinshasa) et dans la diaspora (Lyon, Bruxelles), ce document appelle à une mobilisation citoyenne massive contre l’impunité, les violences et le pillage des ressources naturelles qui ravagent l’Est du pays.
Comme l’a conclu le chercheur Bernardin Sebahire, cet héritage moral est clair : on ne doit pas léguer le pays à la peur, mais à la foi. La CCTS, ainsi que la future Fondation Munzihirwa, s’engagent à faire de cette mémoire un levier d’action pour un avenir où les bruits des bottes céderont la place à la réconciliation et à l’amour entre les peuples.
- WDM