Depuis que la guerre a éclaté dans l’Est de la République démocratique du Congo, les répercussions économiques se font cruellement sentir.
Les commerçants du marché de Kavumu, situé dans le groupement de Bugorhe, sont particulièrement touchés par les contrecoups de ce conflit.
Depuis le début des hostilités en février, la situation socio-économique des commerçants de Kavumu est devenue de plus en plus précaire. Beaucoup peinent à écouler leurs marchandises, faute de clients. Alors qu’auparavant, dès midi, le marché grouillait de monde venu de tous horizons pour s’approvisionner, c’est aujourd’hui l’inverse.
Béatrice Nabintu, vendeuse de produits vivriers depuis une dizaine d’années, témoigne de ce bouleversement : « Avant, je vendais bien. Aujourd’hui, les choses ont changé et j’ai du mal à écouler ma marchandise. » Pour elle, la quasi-absence de circulation d’argent dans la communauté est la cause principale de cette crise. Elle explique : « La plupart des habitants sont sans emploi et vivent de petites activités qui ne génèrent plus assez de revenus. Même les travailleurs journaliers peinent à être payés régulièrement, » ce qui, selon elle, affecte directement la consommation locale.
« Nous achetons les marchandises cher et nous vendons moins, voire pas du tout. Comment voulez-vous qu’on survive dans ces conditions ? », s’interroge Mme Nabintu, l’amertume dans la voix.
Cette situation a également des conséquences sociales dramatiques. Certains vendeurs abandonnent progressivement leurs étalages pour se tourner vers des activités de survie, moins exposées aux risques de pertes. D’autres s’endettent et sont contraints de brader leurs produits à perte.
Notre source aspire à un retour à la normale, afin que chacun puisse exercer son travail sans entrave. Elle souhaite également que des mesures concrètes soient prises pour soutenir les petits commerçants, qu’elle considère comme des acteurs majeurs de la vie économique locale.
- Willy Ntaboba