Alors que la guerre et la crise économique frappent durement la population du groupement de Bugorhe, dans le territoire de Kabare, l’instabilité du taux de change vient compliquer davantage le quotidien de chacun, sans épargner personne.
Cette situation monétaire chaotique ne fait pas qu’influencer les prix des produits de première nécessité ; elle modifie aussi profondément les habitudes commerciales et les dynamiques entre vendeurs et acheteurs au marché de Kavumu.
Ici, en l’absence d’un taux de change officiel stable, chaque commerçant fixe son propre taux selon ses intérêts. Tandis que certains appliquent un taux de 2 800 Francs Congolais (FC) pour un dollar américain, d’autres n’hésitent pas à monter à 2 900 FC, voire 3 000 FC ou même plus, en fonction de l’acheteur.
Le taux de 2 800 FC est généralement appliqué lorsque le client paie en dollars et souhaite être remboursé en francs congolais. Mais si la situation est inversée, un autre taux est appliqué, pénalisant ainsi les clients.
Cette variation constante crée une confusion permanente chez les acheteurs, qui peinent à comprendre les écarts de prix entre vendeurs pour des produits identiques. Certains commerçants préfèrent même être payés uniquement en francs congolais afin d’imposer leur taux.
Pour de nombreux observateurs, cette fixation arbitraire du taux de change, bien qu’étant une stratégie de survie pour les commerçants, aggrave la précarité économique des populations locales et accentue la désorganisation du commerce dans une région déjà fortement fragilisée par les conflits.
- Willy Ntaboba