Les participantes se sont engagées à sensibiliser la communauté à leur situation
Des femmes et des filles en situation de handicap physique, venues de diverses localités du territoire de Mwenga et de la ville de Kamituga, ont exprimé un besoin urgent de formations professionnelles.
Elles sollicitent des apprentissages en métiers pour favoriser leur autonomie et leur auto-prise en charge, particulièrement dans le contexte difficile que traverse l’Est de la RDC.
Ce plaidoyer a été formulé lors d’un atelier d’échange d’idées organisé ce samedi 31 mai 2025 par l’Association des Femmes Journalistes Engagées pour la Paix (Afjep Asbl), au centre pour handicapés Uwezo de Kamituga.
S’auto-prendre en charge face à la crise
« Grâce à ces formations, nous pourrons subvenir à nos besoins en cette période difficile où l’Est de la RDC est secoué par la guerre, » a confié Fyfy Lupandu, porte-parole de ces femmes.
Elles ont également souligné la nécessité de suivre une formation sur les droits des personnes vivant avec un handicap, afin de pouvoir mieux défendre leurs prérogatives en cas de besoin. La prise en charge médicale figure aussi en tête de leurs préoccupations, reflétant l’urgence de leur situation.
Ces femmes, visiblement en situation de grande précarité, venaient de localités aussi diverses que Kasika, le chef-lieu du territoire de Mwenga, Sungwe, Bilembo, Musumba, Ngambwa, Kibe, Kitutu et Kakolokelwa, en plus de celles de Kamituga. L’atelier leur a offert une plateforme pour échanger sur leurs rôles et défis dans le contexte actuel.
Discrimination, précarité et isolement

Immaculée Chakupewa Nyamatomwa, Coordinatrice de l’Afjep, a mis en lumière les difficultés quotidiennes auxquelles ces femmes et filles sont confrontées. « Elles ont discuté de la discrimination et de la marginalisation dont elles sont victimes au sein de leurs familles et dans la société, du manque d’emplois, d’encadrement en métier, et de la précarité dans laquelle elles vivent, » a-t-elle expliqué.
En réponse, les participantes se sont engagées à sensibiliser la communauté à leur situation, à travers des séances éducatives et par voie médiatique.
Leur condition est d’autant plus exacerbée par la dégradation très avancée de la Route Nationale numéro 2, sur le tronçon Bukavu-Kasika-Mwenga centre-Kamituga jusqu’à Kitutu, ce qui accentue leur isolement et rend l’accès aux services encore plus ardu.
Appel urgent aux partenaires humanitaires
En conclusion, Immaculée Chakupewa Nyamatomwa a lancé un appel pressant aux personnes de bonne volonté et aux organisations humanitaires œuvrant pour l’inclusion des personnes vivant avec un handicap. Elle les exhorte à venir en aide à ces femmes à travers des actions concrètes et adaptées à leurs besoins spécifiques.
- Prosper Safari