C’est un paradoxe poignant qui se déroule dans la cité de Sange : des agriculteurs produisent en abondance des patates douces, un aliment nutritif et essentiel, mais ces récoltes restent invendues.
La cause ? La crise humanitaire persistante et le conflit armé qui ravagent la région, brisant les chaînes d’approvisionnement et le pouvoir d’achat.
Alors que de nombreux coins du Sud-Kivu et au-delà connaissent une insécurité alimentaire criante, des monticules de patates douces riches en vitamines s’amoncellent sur les marchés de la plaine de la Ruzizi, faute d’acheteurs. Cette situation est un véritable gâchis humain et économique.
L’économie locale à l’arrêt

Pour les femmes vendeuses et agricultrices de Sange, qui dépendent de ces cultures pour vivre, la situation est désespérante. Elles voient leurs efforts réduits à néant et leurs revenus s’effondrer. « Notre quotidien est rythmé par l’incertitude et la perte, malgré la fertilité de nos terres », explique madame Riziki lancant un appel déchirant pour le retour de la paix.
Pour elle, la stabilité est la seule clé qui permettra à leur économie locale de se redresser et à leurs produits vivriers de retrouver le chemin des marchés, là où le besoin est le plus pressant. La voix de ces femmes résonne comme un rappel poignant des conséquences directes des conflits sur la vie et la subsistance des communautés.
- Egide Kitumaini